High Frequency Trading, le trading haute fréquence

Au cours de ce siècle, le trading sur les marchés financiers a subi une transformation spectaculaire. Traditionnellement, le trading a été soutenu par les intermédiaires de marché désignés qui organisent les échanges entre les différents acteurs du marché. Dans les dernières décennies, le processus du  trading des valeurs mobilières a connu des changements importants et certaines étapes dans ce processus  ont été automatisées par l’incorporation des systèmes électroniques. Ces modifications, ainsi l’avènement de la technologie informatique hautement sophistiquée et rapide ont donné naissance à une nouvelle classe de trading connu sous le nom le trading haute fréquence (HFT).

Depuis son émergence au début du 21e siècle, la popularité et l’utilisation du trading haute fréquence n’a cessé de croître à un rythme étonnant dans le monde, apportant des changements significatifs dans la façon dont les entreprises des marchés de capitaux exercent leurs métiers.

L’expression « est usuellement utilisée pour se référer à des traders professionnels qui s’engagent dans un grand nombre d’opérations par jour », tenta la SEC (Securities and Exchange Commission). Deux caractéristiques sont souvent attribuées aux transactions à haute fréquence, comme : (1) l’utilisation de programmes informatisés extraordinairement rapides et sophistiqués pour la genèse, le routage et l’exécution des ordres, ou des délais très courts pour établir et liquider les positions et (2) la nature des acteurs – des intervenants pour compte propre – qui l’initient.

Sur le premier point, Concrètement, des machines organisent l’exécution de stratégies de négociation électronique impliquant une rotation extrêmement rapide des capitaux à l’aide de programmes qui analysent les cotations avant de détecter puis d’exploiter des opportunités de transactions en quelques millionièmes de seconde. En effet, Chaque milliseconde compte: «trois millisecondes dans le temps informatique représentent une heure de temps humain », affirme un spécialiste.

Sur le second point, les intervenants du HFT se  caractérisent par le fait qu’ils négocient pour compte propre, qu’il s’agisse de banques (bulge bracket firms ) ou de fonds d’investissement (hedge funds )[1].

Les investisseurs recours au certain nombre de stratégies pour profiter du trading a haute fréquence. Chaque stratégie a son propre nuance et son propre complexité. Donc, nous allons examiner les stratégies les plus populaires du HFT.

1)      Electronic liquidité provision 

L’une des stratégies les plus communes du HFT est d’agir en tant que fournisseur de liquidité (liquidity provider). En effet, de nombreux investisseurs du HFT fournissent la liquidité au marché comme des teneurs de marché (market makers)  enregistrés, mais ils n’affrontent pas à des obligations formelles du marché où ils sont actifs.

2)      Les stratégies d’arbitrage

Les investisseurs du HFT pratiquent l’arbitrage d’une manière similaire à leur contrepartie traditionnelle. Dans ce cadre, On distingue deux principaux types de stratégie .

Cette stratégie basée sur l’idée que les instruments financiers sont étroitement corrélés. Dans ce cadre, les pertes et les gains suite aux tendances du marché seront compensés. Cette stratégie consiste à ce que les arbitragistes vendent l’instrument financier dont la valeur intrinsèque est faible, et simultanément achètent un autre instrument financier qui réagit similairement aux changements de marché que celui qui est été vendu mais ayant une valeur intrinsèque plus élevé. Les gains tirer de cette opération est la différence entre l’évaluation individuelle des actifs au moment où la position est ouverte et le prix au moment auquel la position est liquidée. Cette stratégie permet aux investisseurs du HFT de se protéger contre les mouvements de marché.

Cette stratégie cherche de capturer les inefficiences des prix entre deux marchés connectés. Par exemple, si un actif est évalué à deux prix différents dans deux marchés financiers, l’arbitragiste profite de cette différence en achetant cet actif sur le marché auquel le prix est faible et en le vendant sur le marché dont le prix est supérieur. Bien que ces écarts de prix ne peut exister que pour quelques secondes mais les investisseurs du HFT peuvent exécuter multiple opérations en milliseconde et capturer ces écarts avant qu’ils diminuent.

3)     Latency Arbitrage strategy

Cette stratégie consiste à tirer profit d’une information pour quelques millisecondes avant d’être publique. Il s’agit d’une analyse rapide des nouvelles informations, en effet, les investisseurs de HFT cherchent d’abord les nouvelles annonces ou rumeurs qui auront une incidence sur les actifs financiers, puis ils évaluent rapidement ces nouvelles et enfin ils forment une stratégie pour profiter des mouvements du marché lorsque ces nouvelles informations deviennent publiques.

4)     Momentum  ignition strategy

Grâce à cette stratégie des entreprises de HFT « initier une série d’ordres et des opérations [...] dans le but de déclencher un mouvement rapide des prix vers le haut ou vers le bas »(SEC (2010), p. 56). Cette stratégie consiste au lancement et  annulation rapide d’un nombre d’ordres dans une direction particulière ce qui peut déclencher un mouvement rapide du marché prix. Cependant, La présentation rapide et l’annulation de ces ordres peut être détecté par des algorithmes d’autres opérateurs, ce qui entraîne d’acheter ou de vendre le titre. L’entreprise qui soumet ces ordres et des transactions par la vertu d’avoir établi une position très tôt, peut alors tirer profit en misant sur le mouvement des prix subséquent.

Malgré sa création relativement récente, HFT a déjà eu un impact profond sur les marchés.

L’avantage le plus souvent cité du HFT est l’augmentation de la liquidité sur les marchés fournis par les teneurs de marché (market makers), en particulier pour les produits les moins négociés. En effet, dans certains grands marchés, les entreprises du HFT contribuent au plus de 50% du chiffre d’affaires des actions en volume, et jouent un rôle crucial en fournissant des flux d’ordres, ce qui augmente le niveau de liquidité sur le marché.

Un autre avantage de HFT, « c’est qu’il réduit la marge entre le cour acheteur et le cour vendeur » (Hendershott 2010). Cependant des marges étroites sont souvent un indicateur de la liquidité, ces deux effets sont liés entre eux. En fait, Une étude de NYSE Euronext montre que les écarts cités entre les années 2008-2010 étaient inférieurs à ceux de 2002-2006, une période où HFT a été relativement moins répandue.

Comme conséquence et bien que plusieurs études empiriques ont portés sur ce sujet, les entreprises du HFT pourraient également contribuer à réduire la volatilité. Dans l’une des premières recherches pour examiner l’impact du HFT sur le marché boursier, Brogaard (2010) a conclu que « HFTs appear to add to the efficiency of the markets. […]  HFTs tend to decrease volatility ». Par conséquent, les marchés dont la liquidité accrue sont mieux préparés à absorber les instabilités transitoires.

En plus, HFT a permet une augmentation de la vitesse d’exécution des ordres, ce qui permet aux ordres d’être mieux remplie. Il s’y ajoute un effet plus positif, la concurrence entre les entreprises du HFT permet une diminution des coûts de transaction pour tous les participants sur le marché.

Néanmoins, ces conclusions positives ont provoqué le scepticisme pour des raisons différentes.

Dans ce contexte, le nouveau phénomène du HFT comporte des risques potentiels sur la qualité et l’intégrité des marchés financiers y compris le risque systémique. En effet, les principales sources de risque systémique posé par HFT sont :

Premièrement, Les algorithmes introduisent un risque opérationnel, soumettent les systèmes informatiques de  bourses à un risque de surcharge et sont susceptibles d’interagir selon une logique mimétique, de nature à accroître les déséquilibres plutôt que de les résorber. De fait, le trading à haute fréquence est soupçonné d’avoir contribué au « flash crash » qu’ont connu les marchés  d’actions américains  le 6 mai 2010, et d’avoir amplifié la volatilité intra-journalière lors de la forte chute des marchés européens en août 2011.

Deuxiément, certains économistes considèrent la liquidité fourni par le HFT n’est pas assez profonde et de qualité éphémère. Comme Contrairement aux teneurs de marché traditionnels, les traders à haute fréquence n’ont aucune obligation de continuer à  fournir  de  la  liquidité  en  cas  de  conditions  défavorables.  Ils  peuvent donc  se  retirer  à tout moment. Cette liquidité est qualifiée, notamment par l’Autorité des marchés financiers (AMF), de liquidité « artificielle», puisqu’elle peut  se retirer quasiment immédiatement en cas d’événement de marché défavorable.

Troisiément et surtout, le trading à haute fréquence peut accroître les facultés d’abus de marché, en particulier de manipulation de cours. Selon l’AMF (Autorité des marchés financiers), les principales techniques suspectes sont les suivantes (Nicole Bricq, 2012) :

«  layering/spoofing  » : déstabiliser le carnet et  influencer temporairement les cours par un afflux massif d’ordres, en vue de faciliter la réalisation d’une transaction en sens inverse.«  momentum  ignition » : accompagner ou déclencher une bulle de très court terme en espérant inciter d’autres investisseurs à se positionner, puis déboucler la position ;«  quote-stuffing  » : envoyer des ordres en très grand nombre, souvent répétitifs et sans logique économique, pour  perturber ou freiner la lecture du carnet d’ordres par les autres participants, sonder leurs intentions ou masquer ses propres anticipations ;«  smoking  » : envoyer des ordres passifs attractifs en espérant déclencher des ordres « au marché », pour se repositionner ensuite à un niveau plus élevé.

Enfin, le risque pour les régulateurs comme étant un enjeu de surveillance en réalité. C’est le risque que le marché ne soit pas suffisamment surveillé au regard ces pratiques manipulatrices qui pourraient être mises en œuvre à haute fréquence.

Les bénéfices du  trading à haute fréquence paraissent donc très incertains, alors que ses risques potentiels pour l’intégrité et l’efficacité des marchés sont nombreux et réels. Les régulateurs ont reconnu que l’évolution de la technologie a besoin de dispositif législatif approprié afin d’éviter les lacunes réglementaires et la prolifération du risque systémique pour le fonctionnement global des marchés. La question qui s’oppose c’est : Est-ce que leurs mesures réglementaires seront efficaces contre des acteurs du marché ayant des moyens les plus sophistiquées et les plus puissants pour réaliser leurs ambitions ?

[1]  Les plus médiatiques incluent, par  exemple, Citadel, Getco, Kyte, IMC, Madison Tyler, Man, Renaissance.

Raja DAOUAH

DAOUAH Raja, étudiante en Master Finance Appliquée à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech. Je suis intéressée par la littérature économique et financière, je suis également intéressée par l'actualité économique et financière.


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