Les États-Unis disposent enfin d'un budget. Dans le calme et par de larges majorités, mais avec trois mois et demi de retard, les deux chambres du Congrès ont enfin voté le texte de 1582 pages qui comprend les douze lois de finance nécessaires au financement du gouvernement fédéral jusqu'à la fin septembre. La loi dite «omnibus» couvre 1100 milliards de dollars: de quoi assurer le fonctionnement normal par exemple, du Pentagone, du Département de l'agriculture ou du Département d'État.
Les programmes sociaux comme le régime de retraite ou le système d'assurance maladie des personnes âgées qui représentent un montant deux fois plus élevé, sont financés automatiquement et échappent à ce budget.
Il aura fallu seize jours de suspension du fonctionnement normal du gouvernement fédéral en octobre, sous la menace de l'aile droite du Parti républicain qui exigeait le report de la réforme de la santé, puis une série de compromis de principe entre leaders républicains et démocrates plus pragmatiques, pour en arriver là. Le texte voté jeudi soir s'appuie sur les grandes lignes du paquet négocié en décembre entre la sénatrice démocrate Patty Murray et le représentant républicain du Wisconsin Paul Ryan.
Le principal avantage du texte pour les deux partis repose sur le maintien du statu quo afin d'éviter que le système des coupures automatiques de dépenses publiques n'empiète sur les postes considérés comme prioritaire par chaque parti. Pour les républicains, il s'agissait en particulier d'éviter de nouvelles réductions de dépenses militaires. Pour les démocrates, le plus important était d'empêcher les budgets de l'éducation et de l'environnement par exemple de trop souffrir.
La promulgation de ce texte par Barack Obama dans les prochaines heures ne résout pas pour autant toutes les questions budgétaires en 2014. Le Secrétaire au Trésor, Jack Lew, a fait savoir qu'il reste urgent de relever le plafond de la dette publique d'ici la fin février. Ce dernier fixé à 17.000 milliards de dollars sera probablement atteint à ce moment là. Faute d'un vote du Congrès, l'État fédéral se retrouverait alors dans l'incapacité d'émettre les obligations nécessaires au paiement de ses dettes.
Le leader républicain John Boehner promet que ses troupes ne joueront pas avec le feu. Il insiste toutefois sur la nécessité pour les États-Unis de réformer les régimes sociaux pour maîtriser la hausse de l'endettement public. Or la Maison blanche et les démocrates, à l'approche des législatives de novembre prochain, refusent de s'engager dans cette voie sans l'obtention simultanée de hausses d'impôts.
La droite du Parti républicain, affaiblie par le «shutdown» du gouvernement en octobre, a vainement tenté de bloqué l'adoption de ce budget. À ses yeux il reste nocif car il ne réduit pas l'endettement public. Au Sénat, deux ténors du «Tea Party», ont voté contre le texte. Il s'agit de Rand Paul du Kentucky, et de Marco Rubio de Floride. Tous deux ne cachent pas leur intention de briguer la Maison blanche. Ils donneront de nouveau de la voix dans les prochaines semaines à l'occasion du débat sur le relèvement du plafond de la dette.
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L'Amérique se dote enfin d'un budget pour 2014
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