Le «digital detox» ou comment apprendre à débrancher son smartphone

Dans la main, au fond de la poche, au bureau, dans le lit, en terrasse, en voiture. Difficile d'y échapper, les écrans de téléphone, de tablette et d'ordinateur sont partout. La frontière entre vie professionnelle et personnelle s'estompe au point que certains n'arrivent plus à débrancher. Publiée ce mardi, une enquête Edenred-Ipsos révèle que près de sept salariés sur dix affirment être sollicités par leur entreprise en dehors du bureau. 51% des cadres consultent leurs e-mails au lit, selon une autre étude menée par Roambi et Zebaz. 41% des internautes français auraient même du mal à se passer d'Internet plus de 3 jours. Ils sont souvent victimes du «Fomo» (Fear of missing out), c'est-à-dire la crainte de louper une information essentielle et le besoin irrépressible de consulter ses courriels quel que soit le moment.
Les Français seraient-ils trop accros? En quelque sorte... Mais une autre étude de l'Observatoire des modes de vie et de consommation d'Ipsos montre qu'ils seraient 30% à vouloir se déconnecter d'Internet pour faire une pause. C'est ce qu'on appelle le «digital detox», le besoin physique et mental de tout débrancher. En 2011, le dessinateur Ced a été un des premiers a en parlé dans une BD intitulée Un an sans Internet. Journal d'une expérience. Un an plus tard, Thierry Crouzet lui emboîte le pas en publiant . Ce journaliste high-tech y raconte sa cure de désintoxication, «épuisé par quinze ans d'hyperactivité en ligne».
Depuis, les témoignages et les conseils en tout genre se sont multipliés sur le sujet. Des entreprises ont même flairé la tendance et proposé des stages antistress pour les plus accros. Le château La Gravière près de Bordeaux propose «un séjour digital detox» pour «revenir à l'essentiel». Smartphone, MP3, ordinateurs, radios et tablettes sont enfermés pendant le temps du séjour et un kit composé de livres, d'un jeu de cartes, de stylos et papiers est fourni au visiteur. Une formule similaire lancée en février dernier est proposée par l'hôtel spa Les Célestins à Vichy. Là encore, tous les gadgets du visiteur sont conservés dans un coffre-fort. En échange, le curiste enchaîne les massages, bains relaxants et autres séances de sophrologie pour apprendre à vivre sans son téléphone portable.
Campagne de KitKat sur les zones sans Wi-Fi aux Pays-Bas. <br />Crédits photo: JWT Amsterdam
Campagne de KitKat sur les zones sans Wi-Fi aux Pays-Bas.
Crédits photo: JWT Amsterdam
Des marques se sont également engouffrées dans la brèche. En février dernier, KitKat a installé aux Pays-Bas des zones sans Wi-Fi, où les signaux Internet sont bloqués sur un rayon de 5 mètres. En Bulgarie, la marque de bière Amstel a quant à elle proposé des casiers dans lesquels les consommateurs peuvent déposer leur téléphone portable pour la soirée. La clé de leur casier leur est remise avec un coupon qu'ils peuvent échanger au bar contre une bière gratuite.
L'idée de se déconnecter est très ancienne. Déjà, dans l'Antiquité, le philosophe Sénèque prônait l'otium - un temps consacré au repos, à la méditation et à la lecture. Mais pourquoi est-il si important de débrancher? «Les études sont de plus en plus nombreuses à montrer que ceux qui prennent le temps de se déconnecter sont plus créatifs ou plus efficaces que ceux qui restent connectés en permanence. C'est une question de concentration et de disponibilité», explique Rémy Oudghiri, directeur du département tendances et prospective d'Ipsos, qui a publié en 2013 .
SERVICE:
» Retrouvez les dernières offres d'emploi avec Cadremploi

View the original article here

France Télévisions défend sa politique numérique

La réponse ne s'est pas fait attendre. Accusé, dans une lettre ouverte du syndicat CFDT-médias parue lundi, de mener une «politique du digital à outrance», Rémy Pflimlin, le président de France Télévisions, a vivement réagi ce mardi. «L'anachronisme de votre vision opposant anciens et modernes, ne reconnaissant pas que le numérique fait désormais partie des programmes, niant donc simplement ce que devient le média télévision, est suicidaire», décoche-t-il aux syndicats.
Le groupe audiovisuel public l'a rappelé lors d'un récent conseil d'administration: les développements numériques se poursuivront à un rythme élevé en 2014. Cette année, les crédits alloués à cette activité devraient être portés à 78 millions d'euros.
Ces quatre dernières années, le groupe audiovisuel public a dépensé 240 millions d'euros en faveur du numérique, selon la CFDT-médias. C'est autant d'argent en moins pour les programmes, déplore l'organisation syndicale. «Si créer la télévision de demain est primordial, cela ne peut se faire en négligeant la télévision d'aujourd'hui et pire en la détruisant», estime-t-elle. Pour étayer son propos, la CFDT-médias affirme que France Télévisions a perdu un point d'audience entre 2013 et 2014 et que les recettes publicitaires sont au plus bas. «Je n'avais pas cru voir dans les audiences de nos deux grandes chaînes, en croissance à fin avril, le signe que nous abandonnions les téléspectateurs ou que ceux-ci se détournaient de nos offres, notamment en matière de création française. Je vous propose d'en parler à vos homologues des chaînes privées qui voient toutes leurs chaînes historiques reculer, bien que l'audience soit leur seul objectif et qu'ils n'aient pas, contrairement à nous, des missions et des obligations ainsi que l'enjeu d'harmoniser deux grandes chaînes», se défend à son tour Rémy Pflimlin.
Le président de France Télévisions, que l'on dit affaibli par le départ de deux de ses lieutenants, veut montrer qu'il est toujours aux commandes. Jeudi dernier, son secrétaire général, Martin Ajdari, a été nommé directeur de cabinet d'Aurélie Filippetti. Et Thierry Langlois, le directeur des antennes et des programmes de France 3, a démissionné il y a quelques jours. Rémy Pflimlin l'a redit récemment au Figaro: «Mon mandat actuel ne s'achève qu'en août 2015 et France Télévisions pourra compter sur un président et des équipes déterminés à agir jusqu'au dernier jour.»
Consultez la lettre de Rémy Pflimlin

View the original article here
 
Copyright Toute l'actualité économique All Rights Reserved
Powered by Toute l'actualité économique
site created by Ebooks d'economie.