LES ETATS ENCORE TROP INTERVENTIONNISTES

L’Etat est toujours sollicité pour sauver ses banques, mais jusqu’à quand? D’où l’idée de repenser le rôle de l’Etat dans la finance. «Les systèmes financiers des pays en développement ont moins de profondeur et sont d’un accès plus limité que ceux des pays développés, mais ces systèmes ne sont pas très différents en termes de stabilité», c’est l’un des constats de la Banque Mondiale dans son rapport «Global Financial Development Report 2013: Repenser le rôle de l’Etat dans la finance». Tandis que la crise s’estompe, le rôle de l’Etat doit moins porter sur les interventions directes et doit se concentrer sur d’autres impératives. «Les pouvoirs publics doivent assurer une supervision rigoureuse et une saine concurrence dans le secteur financier. Ils doivent aussi soutenir l’infrastructure financière, par exemple en encourageant l’amélioration et la diffusion de l’information sur le crédit», indique Mahmoud Mohieldin, DG du Groupe de la Banque mondiale dans un communiqué. A noter que le rapport intervient à la veille du quatrième anniversaire de la faillite de Lehman Brothers (le 15 septembre). Le secteur financier a reçu environ 16% des prêts accordés par la Banque Mondiale durant la crise financière contre 8% avant la crise.
Une des contributions originales du rapport porte sur la politique de concurrence dans le secteur bancaire. Les experts réfutent l’argument selon lequel «il y avait trop de concurrence dans le secteur financier des pays frappés par la crise». Les auteurs du rapport analysent aussi le comportement des banques publiques durant la crise financière. A l’époque, de nombreux pays se sont adressés aux banques d’Etat pour faire face à la contraction du crédit et amorcer leur redressement. Les autorités ont injecté des capitaux dans ces banques ou mis en place de nouvelles lignes de crédit pour les encourager à accorder des prêts aux sociétés vulnérables, notamment aux exportateurs et aux petites entreprises. Par exemple, au Chili et en Tunisie, les gouvernements ont injecté des capitaux dans les banques publiques pour couvrir les prêts existants ou accorder de nouveaux crédits aux exportateurs et aux petites et moyennes entreprises. Comme d’autres pays, la Corée du Sud a relevé le plafond du crédit de ses banques publiques. De son côté, l’Inde a mis en place des lignes de crédit pour ce genre de banques. Au Brésil, une grande banque publique de développement a joué un rôle important dans l’expansion du crédit durant la crise.
Certaines de ces interventions ont contribué à atténuer l’impact de la crise à court terme, mais les auteurs du rapport «préviennent qu’elles pourraient avoir un effet négatif à long terme et engendrer un portefeuille de créances douteuses».
par L' Economiste

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