Sous le charme des mesures proposées par la Réserve fédérale américaine, qui a emboîté le pas à son homologue européenne, la BCE, la Bourse de New York s'est envolée cette semaine, se hissant à des nouveaux sommets depuis 2007.
Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a gagné 2,15%. Il a terminé vendredi à 13.3593,37 points, un sommet plus atteint depuis le 10 décembre 2007.
Le Nasdaq, à dominante technologique, a pour sa part grimpé de 1,52% à 3.183,95 points, retrouvant ainsi des sommets plus vus depuis le 9 novembre 2000.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 a de son côté progressé de 1,94%, pour finir à 1.465,77 points, un nouveau plus haut depuis le 31 décembre 2007.
Après avoir bu les paroles de Mario Draghi, le président de la BCE, la semaine précédente, les investisseurs ont été suspendus aux lèvres de Ben Bernanke, son homologue américain, la semaine passée.
Il a annoncé jeudi ce que les marchés attendaient et ce pourquoi ils avaient grimpé en début de semaine: que la Fed allait de nouveau inonder les marchés de liquidités dans l'espoir de faire baisser le chômage et soutenir la relance économique.
Plus précisément, l'institution va racheter chaque mois 40 milliards de dollars de titres adossés à des créances immobilières, et ce tant que la perspective du marché du travail ne s'améliorera pas "nettement".
La Fed s'est parallèlement engagé à prolonger de six mois la période pendant laquelle elle maintiendra ses taux directeurs à des niveaux exceptionnellement bas, jusqu'à mi-2015.
"Nous n'avions pas imaginé que le programme d'achat serait illimité", a souligné Sam Stovall, de S&Q Capital IQ.
Peut-être est-ce une façon de "s'aligner sur la BCE, qui a annoncé la semaine dernière qu'elle allait acheter sans limite des obligations d'Etat à Un et trois ans", a avancé l'analyste.
Le fait que la Fed indique clairement qu'elle va "ouvrir le robinet tous les mois enlève aussi des incertitudes", a indiqué Lee Munson, de Portfolio. Les courtiers "ne chercheront plus à essayer de deviner ce qui va se passer".
En tout cas, avec l'arsenal de mesures exceptionnelles proposé par la BCE et la Fed, les investisseurs "ne veulent surtout pas rater le train", a souligné Evariste Lefeuvre, de Natixis.
La réaction des courtiers est d'ailleurs selon lui assez similaire à celle qu'ils avaient eue après l'annonce de la deuxième phase d'assouplissement monétaire par la Fed en 2010: "un cocktail très classique de hausse des taux d'intérêt, de baisse du dollar, de remontée assez forte des matières premières, en particulier de l'or, et des marchés d'actions".
Mais "après avoir vécu quinze jours sous la houlette dans banques centrales", les investisseurs vont "revenir à des choses un peu plus concrètes la semaine prochaine", a ajouté l'analyste.
La question pour eux sera notamment de "savoir si l'Espagne va y aller ou non", selon M. Lefeuvre. Si elle veut bénéficier d'une intervention de la BCE, Madrid doit en effet en faire la demande explicite.
Côté américain, les investisseurs garderont un oeil sur des indicateurs immobiliers, et notamment les chiffres de mise en chantier de logement mercredi. "On attend la confirmation que le marché résidentiel s'est stabilisé", a souligné Evariste Lefeuvre.
Par Juliette MICHEL
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