Avec la réélection d’Obama, l’économie mondiale a de la veine. Un regain d’incertitude n’est pas au menu. La Suisse, elle, devra faire preuve de créativité, juge Luzius Wasescha, ex-négociateur en chef à l’OMC.
La réélection d’Obama est une bonne nouvelle pour l’économie mondiale, applaudit Luzius Wasescha, qui préside le Forum suisse de politique internationale et le Trade Institute de Berne.
«L’important, c’est que le cadre de l’activité économique se déroule le long de paramètres sûrs. Si on avait changé de Président américain, on aurait à nouveau changé de politique. Ce qui aurait anéanti les investissements réalisés ces derniers quatre ans.»
La réélection d’Obama réduit donc l’incertitude qui a prévalu durant la campagne. Economies et entreprises profiteront de règles du jeu déjà largement connues.
Mais l’ambassadeur juge cette réélection positive aussi pour le dialogue avec les autres pays. Les pays en développement surtout. Obama fait preuve d’ «ouverture d’esprit, il lui arrive de penser à autre chose qu’aux Etats-Unis», ironise-t-il.
La Chine et la Suisse
La Chine également devrait se réjouir d’avoir face à elle une administration Obama II. «Je suis actuellement en Chine, indique Luzius Wasescha. Et je constate combien on craignait ici un durcissement des relations. Des relations qui sont déjà largement fondées sur la méfiance.»
Pour ce qui est de l’économie suisse, «nous avons toujours de bonnes relations commerciales et économiques avec les Etats-Unis, juge l’ex-négociateur en chef de la Suisse à l’OMC. Nous avons un problème dans le domaine financier, mais une élection de Romney n’aurait rien changé».
La politique fiscale américaine se fera-t-elle plus agressive à l’égard de la Suisse lors de ce deuxième mandat? «Je ne pense pas, répond l’ambassadeur. Mais beaucoup dépendra de la capacité de la Suisse à innover et à s’intégrer dans une coopération internationale. Voyez les efforts du Département des finances: ils vont tout à fait dans ce sens.»
Braqués sur l’Asie
Autre grand enjeu pour la croissance économique mondiale, le libre-échange vit des moments difficiles. Luzius Wasescha ne voit pas le président réélu changer la donne.
«La priorité de l’administration Obama, c’est de développer, dans le cadre du Trans-pacific partnership, les relations commerciales dans le moteur de la croissance. C’est-à-dire en Asie», rappelle-t-il.
«Aussi longtemps que cette approche reste à l’ordre du jour, les Etats-Unis garderont un profil relativement bas à l’OMC. A court terme, il est difficile de concevoir un redémarrage des négociations à Genève.»
Par Pierre-François Besson :tdg.ch
