Que fait le chef d’entreprise quand un nouvel impôt est créé ou qu’un impôt est augmenté ? Il en fait chiffrer le coût. Puis sa comptabilité analytique intègre ce coût dans les prix de revient des biens ou services produits par l’entreprise et il en constate l’augmentation.
S’il est bien placé dans la concurrence ou si celle-ci est seulement nationale et si une entente, au moins tacite, intervient avec ses concurrents, il augmentera ses prix de vente. C’est donc le client, le consommateur (donc l’électeur !) qui paiera.
Si la concurrence est internationale, ou si le marché ne le permet pas, il cherchera à restaurer sa marge. En pesant d’abord sur ses achats, mais avec peu de chance de succès : ses fournisseurs sont dans la même situation. Dès lors il cherchera des économies dans le principal poste de son compte d’exploitation, la masse salariale : réduction des primes, remplacement des cadres âgés par des jeunes payés moins cher, licenciements, plan social.
Lorsqu’on ne peut plus faire payer les clients, ce sont les salariés qui paient ou le chômage qui augmente !
S’il ne peut plus licencier pour l’avoir déjà trop fait, il cherchera à faire baisser son annuité d’amortissement, en diminuant ou en supprimant ses investissements. C’est accepter le déclin de l’entreprise. Ce n’est qu’en dernier ressort qu’il se résoudra à faire baisser ses prélèvements sur l’entreprise, son bénéfice, ses dividendes.
En milieu de concurrence la répercussion des impôts s’effectue dans un ordre immuable :
- Les clients.
- Les salariés.
- Les investissements.
- Les propriétaires ou actionnaires.
– Les créanciers en cas de faillite.
Et selon la situation de chaque entreprise dans la concurrence, l’impôt frappera à tel ou tel niveau, sans que l’autorité politique qui l’a créé puisse connaître à l’avance les conséquences réelles de sa décision.
La règle économique de la répercussion, universellement appliquée par tous les chefs d’entreprises, n’est jamais évoquée par les hommes politiques, elle n’est à fortiori jamais prise en compte dans leurs décisions. Les économistes, dont c’est pourtant le métier de la connaître, n’y font jamais allusion. Résultat : journaux et médias n’en parlent pas non plus.
Lors de la campagne présidentielle, il a été question d’une vaste réforme fiscale. Si celle-ci intervient, il est à souhaiter que gouvernement et parlement se décident à désigner les redevables réels des impôts et non plus simplement les redevables apparents. Et si l’on veut vraiment lutter contre le chômage, il faut qu’en aucun cas ce ne soit les salariés.
Jean Sembely
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